Le Grand Uniforme

 

 

L’uniforme de l’infanterie de 1845 est l’ancêtre de l’actuel « G.U. ». Pourquoi l’infanterie? Le ministre de la Guerre de l’Empereur déclarait en 1803 que «  les élèves doivent avoir les habits, la coiffure, l’équipement et l’armement de l’infanterie de ligne. La majeure partie des élèves sera nécessairement placée dans cette arme. » 

Le pantalon est en drap couleur garance, couleur des pantalons de l’Armée de 1845 à 1914. Il est à noter que le pantalon aurait dû au final être de la même couleur que la tunique :  bleu roi. Cependant, les services de l’Armée laissèrent dérouler le contrat en vigueur avec les fournisseurs de drap garance…ce qui aboutit à l’abandon du pantalon bleu roi ! Aux couleurs de l’ESM, bleu ciel, la bande de commandement vient orner les côtés du pantalon garance. 

Le ceinturon est issu lui aussi de l’uniforme 1845, mais sa plaque comporte la grenade l’ESM, avec ses 9 flammes. 

La tunique est bleu roi, avec 9 boutons à l’origine, sur une, voire deux rangées, et portant les emblèmes de l’école (ESIM, ERSM, ESM…). Après 1870, elle s’assombrit peu à peu, le nombre de boutons varie, mais ils sont sur une seule rangée après 1894. Les boutons d’aujourd’hui sont au nombre de 6, et sont des boutons modèle 1871, portant le nom de l’Ecole et son emblème. La tunique comporte depuis l’origine des parements et le collet bleu ciel, couleur de l’ESM. 

Sur les manches apparaissent les grades, et celui d’aspirant se fixe définitivement à partir de 1959 : c’est le fameux alpha. Avec la réforme de 1983, apparaissent les Hongroises dorées de Sous-lieutenants, comme le portaient en 14 les Sous-Lieutenants. 

Sur le collet bleu ciel, à col fermé dit « col officier », la grenade découle de la grenade écarlate portée par les grenadiers, élites de l’Ecole, avant 1852. Elle est dorée et portée par tous depuis 1852. 

Les épaulettes écarlates sont celles des grenadiers également, mais sont généralisées, après 1852. En 1985, l’épaulette et la contre-épaulette dorées viennent ornées le GU pour les Sous-Lieutenants. 

Le shako remplace le chapeau en 1806. Sa taille, ses parements, sa forme varieront au fil des ans, selon les régimes. Ainsi, la plaque du shako telle que nous la portons date de 1887 :  elle reprend la grenade de l’ESM, et est inscrit en dessous « Ecole Spéciale Militaire ». Avant elle, les plaques comportaient soit l’aigle impérial, soit le coq, soit les armes royales…Entre 1945 et 1949, les élèves portent le Casoar  sur leur képi, bleu ciel à fond rouge, avec la hongroise dorée et le galon d’élite dorée de l’ESM. 

Le casoar, caprice d’un Empereur,  remplace en 1855 le pompon rouge de la tenue de service, que seuls les SOA portent aujourd’hui. Voulu par Napoléon III pour faire plaisir à la reine d’Angleterre Victoria lors de sa visite en 1855, le casoar arbore les couleurs de la maison de la reine sur ces plumes de coq retombantes. D’aucuns diront cependant que ce ne sont pas les couleurs de la perfide Albion, mais bien les plumes de la Gloire tachées du plus noble des sacrifices : celui du sang.