Figures Mythiques

 

 

Le Père Lanusse

L’abbé Lanusse est né à Tonneins dans le Lot et Garonne. Couvert de décorations acquises sous le Second Empire, il exerça son ministère comme aumônier catholique de l’Ecole pendant trente-quatre ans, de 1871 à 1905, année de sa mort. Très influent auprès des élèves, il oriente la promotion 1893-1895 dans le choix de son nom de baptême, "Jeanne d’Arc". 

Il a pris part à toutes les campagnes du Second Empire, de Magenta à Sedan. Il a parcouru tous les champs de bataille le crucifix à la main, pour consoler, réconforter, absoudre.

Trois douzaines de décorations recouvraient sa poitrine. Au premier rang de ce qu’il appelait lui-même sa "batterie de cuisine", on trouve une croix d’Officier de la Légion d’Honneur éraflée par une balle. Ses décorations sont conservées au Musée du Souvenir, au Nouveau Bahut. Aujourd’hui le buste du père Lanusse demeure aux Ecoles, et en souvenir de la grande bonté de ce dernier, il est traditionnellement remis par le 1er Bataillon de France à l’Officier le plus apprécié des Ecoles.

 

Le Coquillard

L'école reçoit en 1879 un bas-relief en bronze de Zacharie ASTRUC intitulé « Aurore ». Il est scellé sur le mur du bâtiment Ouest de la cours Wagram, celui des Anciens. Ses 47 rayons de soleil symbolisent le renouveau de l'Armée Française au lendemain de la défaite de 1870. L'artiste explique au général HANRION dans une lettre du 20 Novembre 1879 :  

« J'ai voulu exprimer la reconstitution des forces françaises (…) Voilà l'aube, le coq gaulois va chanter le jour, ce soldat s'apprête à lui répondre, au moment où le soleil va se lever sur le vaste horizon. Et pour ce soldat, ce nouveau héros, j'ai choisi l'épique cavalier de nos guerres, le robuste enfant qui donne le mieux l'idée du sacrifice à la patrie. »  

La trompette de cuirassier va donner à la sculpture le nom de coquillard, du surnom donné à la cuirasse et par extension aux cuirassiers qui la portaient. Mutilé au cours du bombardement de la Spéciale en 1944, il est apporté à Coëtquidan en 1947 où il est scellé dans les murs du Musée du Souvenir. Il reprend sa place au centre de la cours Wagram lors de la construction de la Nouvelle Ecole.  

Il reste, lorsque la nuit est tombée, le meilleur ami du bazar...  

 

 

Le Maréchal Baraguey d’Hilliers 

Le Maréchal Baraguey d’Hilliers commence sa carrière dans les armées napoléoniennes. En 1812, il est nommé sous-lieutenant de chasseur à cheval et prend part glorieusement à la bataille de Leipzig où il devra être amputé du poignet. Sous le Second Empire il s’illustre lors de la guerre de Crimée, en 1854, et au cours de la campagne d’Italie, en 1859. Il obtient en 1870 le commandement de la place de Paris. 

Grand-Croix dans l’ordre de la Légion d’Honneur, il est élevé à la dignité de Maréchal de France en 1854. 

Ancien élève du Prytanée de Saint-Cyr et de la Flèche, il jouit d’une solide réputation pour son énergie ce qui lui vaut la nomination, le 15 février 1833 comme colonel commandant en second et directeur des études de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr. En 1834 il commande provisoirement puis définitivement en 1836 lorsqu’il est promu Maréchal de Camp (général de brigade). Sous son commandement l’Ecole est soumise à un régime très sévère. Sa dureté et sa sévérité lui valent même d’être malmené lors d’une révolte en 1834. 

Autrefois le Maréchal Baraguey d’Hilliers semait la crainte dans les rangs des élèves. 

Aujourd’hui c’est son buste qui vient hanter les nuits des officiers supérieurs qui craignent de se le faire remettre par le 1er Bataillon. 

 

 

La Malvina

La Malvina était une humble cantinière d’origine alsacienne qui, chargée de paniers de victuailles, retrouvait les Saint-Cyriens sur les terrains d’exercices. A partir de 1927, assistée de sa fille, elle est autorisée à tenir un petit comptoir entre les deux réfectoires des anciens et des jeunes. Elle est morte peu de temps avant la Deuxième Guerre Mondiale. Les élèves ont donné ce nom de Malvina à la cantinière, en imitant les troupiers de la dernière campagne d’Italie de 1859, qui appelaient ainsi les mercantis italiens, leur reprochant de vendre du mauvais vin. 

"La boutique de la Malvina aura été de prétentions plus modestes. Un panier de victuailles, rempli de pains, soigneusement rangés, aura fait à son bras replié comme une marque d’usure. On ne saurait dire non plus qu’elle eut un coin choisi pour débiter sa marchandise. Sa place était en queue de colonne se rendant à l’exercice. C’est dire que Malvina aura obéi, comme sa jeune clientèle, aux strictes obligations des emplois du temps. 

Tous les chemins, tous les vallons, toutes les fermes de la campagne autour de l’Ecole l’ont vue venir, du même pas allongé que les élèves, un peu en arrière du dernier rang, en serrefile, faire halte au coup de sifflet et trottiner de faisceau en faisceau avec son panier largement ouvert… Vingt promotions l’ont connue telle qu’elle se montre aujourd’hui… Mais elle, combien de promotions a-t-elle vu passer? Combien d’Anciens et de Bazars a-telle aimé comme ses propres fils depuis plus de soixante ans qu’elle n’a pas quitté l’Ecole. "  

 

 

Le Capitaine Bulle 

 

De tous les personnages de Tradition que compte la Spéciale, celui du Capitaine Bulle est sans doute l’un des plus attachant et des plus proche de nous. Docteur es youle, il fut Bahuté en des temps immémoriaux par la très bahutée promotion Général Guillaume . Son expérience et les multiples promotions qu’il a connues font de lui un sage entre les sages,  une mémoire vivante dont la jeunesse d’esprit et l’allant n’ont d’égal que la rapidité et la précision de son coup de ciseau.   

 


C’est a lui que les Cyrards doivent leurs innombrables succès sentimentaux, dédaignant les coiffures à la Polnareff au profit de véritables chefs d’œuvres capillaires.             Membre du Conseil des Fines, il offre dans son échoppe un moment de paix au Bazar azimuté par des semaines de Bahutage. En effet, les Officiers considèrent que le simple fait  pour tout Bazar de percevoir la sacro-sainte youle Bullesque est un acte de foi envers la Tradition Saint Cyrienne, durant lequel il montre son ardent désir de sortir de sa fange immonde.  

 

Alors abandonnez vos youleuses personnelles, messieurs Bazars , et allez percevoir le mythe auprès de ce monument de jeunesse, de bonne humeur et d’allant, en un mot, de ce  monument de l’esprit Saint Cyrien.